Catherine Moureaux : « Je ne voulais pas vivre dans l’ombre de mes parents ! »

VLAN  lundi 25 mars 2019 Vlan

MOLENBEEK-SAINT-JEAN | Médecin et maman de deux garçons, Catherine Moureaux (40 ans) est désormais la nouvelle bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean. Récoltant plus de voix que son père lors d’élections communales antérieures, son score personnel a tout simplement été fulgurant. C’est finalement avec le MR et la bourgmestre sortante, Françoise Schepmans, qu’elle préside à la destinée de la commune. Rencontre avec la socialiste au caractère bien trempé…

Si Molenbeek-Saint-Jean est la commune de cœur de son père Philippe Moureaux, c’est à Uccle, commune de sa mère Françoise Dupuis (qui a été ministre de l’Enseignement, échevine uccloise des Affaires sociales ou encore Présidente du Parlement bruxellois) qu’elle a passé sa jeunesse. « Si je suis née à Edith Cavell, c’est parce que c’était une des plus grosses maternités de l’époque », indique Catherine Moureaux. « J’ai ensuite grandi près de la place Vanderkindere. En primaire, on m’a mis à l’école du Longchamp, juste en face de chez moi. En secondaire, j’ai fait mes études à Catteau, près du Palais de Justice. En latin-math à cause de mon sale caractère. Ma prof de math a prétendu que je ne pouvais continuer en mathématiques. Cela m’a vexé. Je n’étais pas d’accord. Comment pouvait-elle décider pour moi ? Dès lors, j’ai continué en math et cela s’est très bien passé ».

Opposée au numerus clausus

En 1996, Catherine Moureaux s’inscrit en Médecine à l’ULB. « Déjà, dès mes 8 ans, j’avais déjà dit à ma mère que je voulais être médecin. A l’ULB, j’ai fait mes sept années d’études suivies de deux années en médecine générale ». Non sans s’impliquer dans les actions et mouvements d’étudiants. « Dès ma première année d’unif, j’étais déléguée d’année. Puis au conseil facultaire, puis au C.A. de l’ULB où je représentais les étudiants en médecine et pharmacie et enfin au C.A. de la Fédération des étudiants francophones (FEF). Cela, en pleine manifestation d’ampleur contre le numerus clausus en médecine ».

Ses études achevées, Catherine Moureaux se consacre à son métier de médecin. « En exerçant, je me suis rendu compte que les conditions de vie et l’état de santé de mes patients étaient de plus en plus déterminés par les politiques mises en œuvre. C’est ainsi que je me suis intéressée à la politique. A la demande d’un ami de mes parents, Eddy Courthéoux, j’ai rejoint en tant que jeune la section socialiste de Schaerbeek ».

En 2009, Catherine Moureaux figure à la cinquième place des suppléants pour les élections régionales. « Normalement, je n’aurais jamais été appelée à siéger. Mais cela a finalement été le cas, deux ans plus tard, par le fait d’un décès, d’un départ et de nominations à d’autres postes ».

D’abord à Schaerbeek,

puis à Molenbeek

En 2012, Catherine Moureaux figure à la 3e place aux élections communales à Schaerbeek. Elle est élue et devient conseillère communale dans l’opposition. « J’ai beaucoup aimé ! Je me suis beaucoup investie sur les écoles, les crèches et les frais de garderie qui étaient devenus parmi les plus chers de Bruxelles. Cela, durant deux et demi car j’ai ensuite déménagé pour Molenbeek-Saint-Jean ».

Entretemps, en 2014, elle se présente aux régionales. Catherine Moureaux occupe la sixième place et obtient plus de 5.000 voix de préférence. Ce qui lui vaut de siéger comme effective au Parlement. Rien que sur Molenbeek-Saint-Jean, elle a récolté près de 1.500 voix de préférence. « J’avais fait campagne partout, mais l’accueil était particulièrement chaleureux à Molenbeek. Après les élections, Laurette m’a proposé de m’y installer en vue des communales. Cela a été des mois de tourmente pour faire un choix. Car, jamais, je n’ai voulu vivre dans l’ombre de mes parents. Et finalement, j’y suis allée. Avec mon mari et mes enfants, on s’est installé dans le quartier près du cimetière. Dix jours plus tard, c’étaient les attentats. Un peu plus tard, mon père tombait malade. Mais je me suis lancée dans les rencontres rapprochées sur le terrain molenbeekois. Les trois ans qui ont précédé les élections, j’ai rencontré des milliers de personnes. J’ai travaillé comme jamais, même si la formule est vaine car j’ai toujours été un bourreau de travail. »

Un score « époustouflant !»

Au soir du 26 octobre 2018, Catherine Moureaux récolte 7.133 voix de préférence. Le plus gros score personnel, tous candidats confondus. Devant les 6.468 voix de la bourgmestre Françoise Schepmans. Et mieux que son père lors d’élections précédentes. « J’ai fait un score époustouflant, avec une équipe incroyable. Papa était hyper-fier. Pour la petite histoire, il n’y croyait pas. Le dimanche après-midi, il était très négatif, disait qu’il le sentait mal. Lorsque j’ai reçu les résultats, j’ai appelé mon papa. Il était au bord des larmes. C’était une soirée inoubliable ! »

Après des tractations avec le PTB, qui échoueront, le PS scellera une alliance avec le MR de Françoise Schepmans pour présenter Catherine Moureaux comme bourgmestre durant six ans.

Quelles sont ses priorités pour Molenbeek ? « L’instruction publique, le logement et la propreté. Il faut aussi une administration forte et soutenante, mais qui se sent également soutenue ».

Et ses endroits de prédilections ? « Un resto que je fréquente souvent en famille, c’est La Luna, dans la chaussée de Jette : un vrai restaurant italien. Le midi, je vais parfois au resto social Les Uns et les Autres, près de la place communale. Sinon, j’aime me promener dans le Scheutbos et aller à la piscine communale. Je regrette de ne pas avoir plus de temps pour traîner plus souvent au marché hebdomadaire du jeudi, et du dimanche, sur la place communale. Et puis, il y a la Maison des Cultures et le Karreveld. »

Et de conclure. « Je tiens également, et tout particulièrement, à remercier mon époux. J’ai un mari fantastique car il me soutient à travers tout et me donne un équilibre psychologique nécessaire dans ce monde ».

Propos recueillis par Julien SEMNINCKX

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