Développer leur mini-entreprise, un vrai défi pour 20 élèves stavelotains

VLAN  mardi 12 février 2019 Vlan

STAVELOT | Cette année, c’est le projet de commercialisation de pailles en bambou, baptisé Stroboo, que les élèves du Collège Saint-Remacle portent en dehors des murs de leur école.

C’est devenu une habitude au Collège Saint-Remacle de Stavelot: depuis plusieurs années, des élèves de rhéto se lancent dans l’aventure «mini-entreprise» qui consiste à développer un produit de A à Z. Le décapsuleur à bananes Baop’n roll, le support de smartphones Stean, les portefeuilles en Tétrapack de Walkey, le baffle en bois MaoZic… Les jeunes étudiants ne manquent pas d’imagination pour concrétiser leurs idées!

Cette année, la promotion 2018-2019 s’est axée sur l’écologie et la disparition des pailles en plastique, explique Ève Schmitz Schair, administratrice-déléguée de Stroboo. « Nous avons décidé de proposer des pailles en bambou réutilisables pour répondre au problème des tonnes de déchets qui sont retrouvées dans l’océan chaque année, mais également suite à la réforme européenne qui interdira la vente de pailles en plastique en 2020.» C’est alors qu’est née leur marque, Stroboo, représentée par un panda sympathique, grand consommateur de bambou.

Ce matériau n’a pas été choisi au hasard. « Nous avons d’abord réalisé une étude de marché sur Facebook afin de déterminer ce que les potentiels acheteurs préféraient comme type de pailles: l’inox, le plastique dur et le bambou. C’est le bambou qui a remporté la majorité des voix.» Le matériau avait aussi la préférence des mini-entrepreneurs. « Par rapport à l’inox qui est assez froid, la sensation du bambou en bouche nous semblait plus agréable et notre étude a confirmé ce que nous pensions

Dans ce projet, les rôles sont répartis entre 20 élèves qui ont intégré différents départements (direction, ressources humaines, communication, financier, marketing et technique). Une fois l’idée choisie, il a fallu trouver comment la concrétiser. C’est à Bali que les pailles sont fabriquées par des artisans, dans le respect du bambou, « qui est coupé en laissant une pousse pour préserver l’équilibre naturel ». Mais comme la fabrication et l’importation représentent un certain coût, les élèves ont cherché une plus-value à apporter à leur produit. « Nous devions ajouter de la valeur pour pouvoir les vendre plus cher. Nous fabriquons donc nos propres sachets avec du tissu recyclé, ce qui permet d’ajouter un côté écologique à notre produit et ça plaît beaucoup aux acheteurs.» Pour 5 pailles «Stroboo», il faut donc débourser 8€.

Rien n’est laissé au hasard par les mini-entrepreneurs. Car avec une démarche écologique, la problématique de la réutilisation des pailles devait être résolue. « On nous pose souvent la question de l’hygiène. Nous les avons mises au lave-vaisselle et il n’y a pas eu de problème, mais ce n’est sans doute pas idéal sur le long terme, reconnaît Ève. Nous fournissons donc une brosse avec le paquet de pailles. On peut aussi simplement les plonger 10 minutes dans de l’eau bouillante pour les nettoyer

Ventes dans les murs de l’école, sur des marchés de Noël, à un match de Poul Ball… La motivation des élèves est au rendez-vous pour décrocher une qualification au concours européen des mini-entreprises. Pour y parvenir, il faut non seulement vendre un maximum de produits, mais aussi développer une marque attractive, assurer dans l’accueil des clients… Une aventure qui plait déjà beaucoup à la jeune administratrice-déléguée de Stroboo. « J’ai participé à la mini-entreprise pour avoir une vraie expérience de l’entreprenariat, c’est quelque chose qui m’attirait à ça. Je trouve aussi que c’est un beau projet d’équipe. J’envisage de faire des études de commerce, mais je n’en suis pas encore certaine à 100%… »

Qualification pour la suite du concours ou non, Ève, elle, a déjà tout gagné. « Nous avons participé à l’assemblée générale et c’était très impressionnant de devoir défendre son projet devant une cinquantaine de personnes. Nous avons aussi dû calculer des salaires, la TVA… C’est très intéressant, mais pas facile quand on n’a jamais vécu ça avant! Ça fait un peu peur au début parce qu’il y a beaucoup de choses à gérer, mais c’est aussi un beau défi et au final, on s’aperçoit qu’on peut y arriver. »

Élodie Christophe

Vlan

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