A Stavelot il y a cent ans

VLAN  mercredi 7 novembre 2018 Vlan

HISTOIRE | En 1918, c’est avec soulagement que Stavelot accueillit les signes avant-coureurs de la fin d’une guerre terrifiante et d’une très dure occupation.

Afin de préparer la retraite, les autorités allemandes avaient réquisitionné les bâtiments scolaires pour loger 1400 soldats qui arrivèrent le 1er novembre. Quelques jours plus tard, le 6, ce furent des prisonniers français qui débarquèrent et furent enfermés dans une tannerie des étangs. Le 7 débuta le défilé des troupes vaincues, il dura jusqu’au 25. Le 9, à Spa où il résidait depuis le mois de mars, le Kaiser Guillaume II abdiqua sous la pression de la révolte populaire qui venait de débuter dans son pays. Le 11, avec l’annonce de l’Armistice, les prisonniers français retrouvèrent la liberté mais la population n’osa guère montrer sa joie. Ainsi, le 13, quelques drapeaux belges furent arborés en rue Neuve et place du Marché avant d’être rapidement retirés afin de ne pas provoquer des représailles. Le 17, un accident de chemin de fer eut lieu à Chefosse quand un train chargé de soldats en heurta un autre qui était à l’arrêt. Le 26, enfin, la ville put se parer de drapeaux et de guirlandes mais la fête fut gâchée par des actes de vengeance dont furent victimes ceux qui étaient accusés d’avoir collaboré. La situation était suffisamment sérieuse pour que le conseil communal décide dès le lendemain de rétablir le couvre-feu et de créer une garde bourgeoise chargée du maintien de l’ordre. Autres préoccupations: le ravitaillement et l’épidémie de grippe espagnole qui provoqua, ici comme ailleurs, plusieurs décès. Peu à peu ensuite Stavelot salua le retour de ses 191 soldats survivants parmi les 225 qui avaient pris les armes. Parmi les conséquences positives de la guerre, la plus notable est sans doute le suffrage universel. D’abord masculin, il fut étendu en 1921 aux femmes pour les élections communales uniquement. La loi prévoyait même qu’elles pouvaient être candidates à condition d’obtenir l’autorisation… de leur mari. Ainsi, cette année-là, parmi les 2898 électeurs appelés à désigner le conseil communal, il y avait pour la première fois 1480 électrices. Sortie de l’épreuve, l’égalité était en marche.

Patrice Lefebvre

Vlan

Commerces à découvrir