Un passé fait de marbre

VLAN  mardi 25 septembre 2018 Vlan

BARONVILLE | Baronville a un passé marqué par l’exploitation d’une carrière de marbre rouge. Les Journées du Patrimoine ont fait remonter cet élément à la surface.

Oui, il y avait des exploitations sur le territoire beaurinois. Beaucoup ont encore en tête le passé calcaire et les fours à chaux qui se trouvaient à Beauraing mais également dans les entités voisines. Quand on évoque ce passé industriel, peu ont en tête l’exploitation de marbre rouge de Baronville. Pourtant, cette activité a bien eu lieu. L’historien Yvon Barbazon a raconté ce passé aux personnes qui se sont rendues sur les lieux de l’exploitation lors des Journées du Patrimoine. Ces visites étaient exceptionnelles, car désormais les lieux appartiennent à des propriétaires privés.

Quand a-t-on exploité du marbre à Baronville? On trouve trace de cette activité dans des documents du début du 19e siècle. Ceux-ci font référence à cette activité et indiquent qu’elle était déjà pratiquée dès le 12e siècle.

Si l’histoire est ancienne, l’activité prend un tournant important en 1912 avec les descendants des derniers seigneurs de Baronville. Preuve que cela devient sérieux: début 1913, une demande d’installation d’une machine à vapeur arrive à la commune.

L’âge d’or

Fin 1913, l’exploitation débute. Elle durera jusqu’à la fin 1925. La concurrence, le prix de revient de l’exploitation, la qualité décroissante et l’épuisement de la veine entraîneront la fin de l’activité. En 1930, un pharmacien a tenté de faire redémarrer l’exploitation. En vain. Après de nombreux investissements, le tout est abandonné après une année d’activité. La carrière a été purement et simplement abandonnée. Le matériel a été revendu. Le 24 mai 2016, coup final à cette histoire: la propriété a été vendue via deux lots. La carrière est aujourd’hui en zone Natura 2000.

Une fameuse activité

L’exploitation de la carrière n’est pas simple à mettre en œuvre. Si le filon est là, il faut encore l’extraire. Ceci s’est fait par la technique du sciage au fil trempé dans de l’eau et du sable. Après un travail ardu, des blocs étaient extraits. Ceux-ci prenaient la direction des marbreries. Extirpés de la carrière, ils étaient transportés vers les gares de Beauraing et Givet par chariots.

Arrivés à destination, les blocs de Baronville étaient travaillés pour devenir des tablettes de cheminées, des lavabos, colonnes… Le marbre rouge de Baronville est-il vraiment du marbre comme les géologues l’entendent? Peut-être pas. Par contre, on a affaire à une roche qui, travaillée, donne un bel aspect. Il s’agit du marbre de carrier. Ici, on est en présence de marbre «griotte».

T.I.

Vlan

Commerces à découvrir