Hommage à Edouard Aidans avec Tony Larivière

ARTICLES JOURNAL VLAN  mercredi 19 septembre 2018 Vlan

ANDENNE | Edouard Aidans, une grande figure de la BD, né à Andenne le 13 août 1930, vient de nous quitter ce 6 septembre. Qui mieux que son neveu, Tony Larivière, lui-même passionné de BD, pouvait nous parler de celui qui fut un des piliers du journal Tintin…

Pouvez-vous nous retracer le parcours de votre oncle?

Étant Andennais, il a vécu toute sa jeunesse dans le quartier de l’Abbéchamps. Après des études de photographie, il se lance dans la bande dessinée et publie ses premières planches, «Les histoires de l’oncle Paul», dans le journal Spirou. C’est à l’aube des années 1960 qu’il créera pour la concurrence, le journal Tintin, son personnage phare, Tounga, héros préhistorique. D’autres séries suivront ensuite (Les Franval, Les Panthères…) qui occuperont régulièrement les pages du journal Tintin. Il saura s’entourer de scénaristes de renom (Greg, Duval…). Il travaillera également avec Jean Van Hamme, scénariste de la série XIII, sur Tony Stark et avec Jean Dufaux pour les 4 tomes de «La toile et la dague». Tout ceci n’étant qu’un bref aperçu de sa prolifique carrière.

Quels souvenirs gardez-vous de votre oncle?

Mes souvenirs les plus lointains remontent aux années 1970. Le jour de l’an, Il faisait le tour de la famille à Andenne chez sa sœur Odette et à Seilles chez ma maman. Et bien sûr, il ne manquait pas de nous apporter sa dernière BD dédicacée. Ce qui curieusement, à l’époque, ne suscitait aucun émoi chez moi, plus fasciné par les aventures de Batman ou Superman que par Tounga ou Marc Franval.

Votre oncle est-il vraiment à la base de votre passion?

Je pense qu’il doit y avoir une part de génétique mais il y a contribué car je me souviens qu’au balbutiement de cette passion pour la BD, il m’avait emmené avec lui en festival et m’avait présenté ses amis artistes. J’étais sur un petit nuage grâce à lui.

Durant votre jeunesse, étiez-vous conscient de son talent?

C’est au début des années 1980 que je me suis rendu compte à quel point mon oncle était talentueux. D’abord en prenant conscience de sa production, puis, la maturité aidant, en appréciant son trait, ses mises en page et ses cadrages.

Vous a-t-il soutenu lorsque vous avez créé la Fête de la BD?

Bien sûr! Ne fût-ce qu’en y participant. C’était une grande fierté de l’accueillir, lui et ses amis artistes, Claude Laverdure, Chris Lamquet, Cam Kennedy…

Avez-vous des projets pour perpétuer sa mémoire?

J’entends bien contribuer à ce qu’on ne l’oublie pas dans la Cité des Ours. C’est malheureusement souvent quand il est trop tard qu’on se rend compte que l’on aurait dû se voir plus souvent et réaliser plus de choses ensemble. Mais ne vivons pas avec des regrets et gardons précieusement l’image de cet homme jovial, apprécié de ses pairs et de ses fans ainsi que son œuvre immense laissée en héritage. J’ai la satisfaction d’avoir pu, grâce à l’ASBL La Grande Ourse, réaliser, en 2001, une belle rétrospective de son œuvre et d’avoir vu la bibliothèque communale d’Andenne baptisée «Bibliothèque Édouard Aidans». Andenne est le terreau qui a vu germer la graine d’artiste qui était en Édouard Aidans et même s’il s’est exilé en d’autres lieux, ses racines sont ici.

Ph. B.

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