Une sexologue à l’hôpital

VLAN  mardi 5 juin 2018 Vlan

HORNU - PERSONNALITÉ | Via différentes formes de thérapies, notamment l’hypnose, Vanessa Moerloos, officiant à l’hôpital EPICURA d’Hornu, cherche une solution aux problèmes des couples: douleurs, dégoût de soi, éjaculation précoce, problèmes d’érection… «Car la sexualité fait partie de la santé de chacun», souligne-t-elle.

Avant d’être sexologue, Vanessa Moerloos est avant tout assistante sociale. C’est d’ailleurs toujours son occupation principale à l’hôpital Epicura d’Hornu. Mais depuis janvier dernier, après discussion avec la direction, des consultations en sexologie sont proposées: «Il y a des pathologies qui se répercutent sur la vie sexuelle des patients. Les spécialistes qui m’envoient des patients sont les urologues, gynécologues mais aussi les oncologues, par exemple lorsqu’une patiente a honte de son corps après un cancer du sein, l’intimité peut se perdre… Les psychiatres aussi m’envoient des patients, dont les traitements, parfois lourds, peuvent avoir des effets sur la libido… L’idée est de sensibiliser les médecins traitants et milieux hospitaliers à la sexologie. La première question qui se pose est: le problème mentionné est-il organique ou psychosexuel? À partir de là, on va voir ce qu’on peut faire», commente Vanessa Moerloos, sexologue.

Les consultations en sexologie dans les hôpitaux ne sont pas fréquentes dans la région:«La sexualité fait partie de la santé, il faut en parler en milieu hospitalier. C’est important pour les personnes qui se disent en souffrance, qu’elles soient entendues. Mais il y a parfois des fausses croyances sur les sexologues. On m’a déjà dit: «Vous n’êtes pas là pour toucher?» Il y a des personnes qui viennent par curiosité».

À raison de 25€ la séance de 50 minutes, la spécialiste donne des outils aux couples pour les aider à surmonter leurs difficultés.

Hypnose sexuelle, thérapie sexo-fonctionnelle, exercices de respiration ou encore exercices à la maison, différentes techniques sont utilisées en fonction des problématiques: «Pour les hommes, il s’agit souvent de troubles de l’érection ou de l’éjaculation. Pour les femmes ce sont souvent des douleurs, il peut y en avoir chez les hommes aussi, une mauvaise image de soi et également l’absence d’orgasme pour l’homme comme pour la femme, le manque de désir… Certains de mes patients sont des couples, d’autres sont célibataires, on organise des séances individuelles et/ou en couple».

La sexologue entre dans l’intimité du couple pour donner des clés: «On va d’abord discuter du nombre de rapports par semaine, comment ils s’approchent, les préliminaires, comment ils respirent… Ça n’a pas de connotation érotique! Je donne des exercices pratiques à faire à la maison, comment bien respirer pour décélérer le rythme cardiaque et ne pas se contracter. Contrôler sa respiration peut aider pour les éjaculations prématurées. Pour les troubles de l’érection, je dois parfois réexpliquer que faire l’amour est un jeu à deux, une danse à deux, et pas seulement un acte mécanique, afin de réintroduire de la sensualité».

Au-delà du côté purement technique, la sexologue travaille aussi sur l’affectif, les fantasmes, les sensations… Ce qui donne parfois naissance à de belles histoires: «J’ai eu une patiente qui est venue quelques fois avec son compagnon car ils n’avaient plus fait l’amour depuis un an. Elle m’a recontactée par la suite pour m’annoncer qu’elle était enceinte», se réjouit Vanessa Moerloos.

L.P.

Vlan

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