À la rescousse des abeilles!

VLAN  mardi 29 mai 2018 Vlan

CONDROZ | Lutter contre la disparition des pollinisateurs en enseignant ses connaissances, tel est le bien-fondé de l’ASBL Ruchers sans frontière créée par un apiculteur de Clavier.

Le 20 mai dernier, à l’occasion de la première journée mondiale des abeilles et des pollinisateurs, on nous rappelait que ces insectes sont en danger. Différents facteurs sont mis en cause comme l’usage de pesticides en agriculture, la pratique des monocultures ou encore le frelon asiatique qui est un redoutable prédateur. Aussi, sachant que 85% des plantes comestibles doivent leur développement au travail des pollinisateurs, c’est toute notre alimentation qui est ainsi menacée.

D’où l’importance de prendre des initiatives visant à lutter contre leur disparition. Dans le Condroz, Gustave Pastor a créé les Ruchers sans frontière, une association sans but lucratif à travers laquelle il enseigne ses connaissances d’apiculteur. L’idée a germé lors d’une discussion avec un ami acupuncteur qui fait partie du réseau «Acupuncture Sans Frontières» et qui participe à des missions au Togo en vue de rendre les populations défavorisées locales plus autonomes en matière de soins en leur enseignant les pratiques d’acupuncture.

« Il a émis l’idée de se rendre au Togo pour apprendre aux populations de là-bas à s’occuper de ruches, non seulement pour leur consommation mais aussi parce que le miel présente des propriétés antibiotiques et peut ainsi soigner beaucoup de blessures », explique cet apiculteur de Clavier qui dispose d’une vingtaine de ruches réparties en différents endroits.

Bientôt une miellerie

C’est ainsi qu’il a accompagné son ami une première fois au Togo en avril 2017 et qu’il est prévu qu’il y retourne en septembre prochain. À son retour en Belgique, il a souhaité faire de même en créant une école d’apiculture.

« Contrairement à d’autres écoles qui pratiquent des tarifs assez élevés, mes cours sont gratuits afin de rendre l’apiculture le plus accessible possible, notamment auprès de personnes plus jeunes. L’école dispose de deux ruchers, l’un dans la vallée du Néblon et l’autre sur Clavier, où se donnent les cours. Seule une inscription à l’ASBL de 30 € est demandée pour les frais de fonctionnement », poursuit M. Pastor, ravi de partager sa passion avec la douzaine de personnes qui suivent ses cours et de les aider ainsi à participer à la lutte contre la disparition des abeilles.

Il ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il a obtenu d’une association œuvrant dans le Condroz en faveur de la ruralité la possibilité d’occuper son local à Strée pour y donner ses cours. De plus, ses élèves pourront bientôt profiter d’une miellerie constituée d’un matériel professionnel auquel ils n’ont pas forcément accès pour une question financière. Un projet qu’il a pu mettre en œuvre grâce à l’apport de sponsors. L’infrastructure sera inaugurée le 9 juin prochain, à 10 h, rue de Dinant nº 9 à Nandrin (à côté de Faune et Flore).

« Les abeilles ont besoin d’un environnement adapté, là où il y a un maximum de pollens différents. Les pesticides et les monocultures sont bien sûr nuisibles mais il y a un autre problème qui se pose chez nous, à savoir que les champs sont fauchés beaucoup trop tôt, ce qui va à l’encontre de la biodiversité », souligne cet apiculteur passionné.

Un petit conseil à donner aux particuliers qui, eux aussi, peuvent contribuer à la sauvegarde des pollinisateurs? « Surtout supprimer toute pulvérisation et laisser dans son jardin un petit coin sauvage où ils pourront trouver ce dont ils ont besoin », recommande-t-il.

Natau

Envie, vous aussi, d’apprendre les rudiments de l’apiculture? Contactez Gustave Pastor au 0473/91 98 55.

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