L’«agrisculpteur» a toujours bien une bébête à imaginer!

VLAN  mardi 15 mai 2018 Vlan

FRASNES-LEZ-ANVAING – PERSONNALITÉ | Patrick Jouret qui, dans sa ferme de Forest, réalise des sculptures à partir de matériaux de récupération… Le résultat est bluffant!

Il est l’auteur de l’insolite symbole de l’entrée de Frasnes, l’auteur de la sculpture composée d’un sucre géant chevauché par des fourmis! Patrick Jouret est un agriculteur. Passionné par son métier. Mais aussi par de drôles de bébêtes auxquelles ils donnent vie. Il est un «agrisculpteur», dont les 200 œuvres ornent la cour ou les alentours de sa ferme de la place de Forest.

Un véritable artiste dont l’imagination est débordante. Et qui trouve son inspiration dans des pièces de récupération, dans les vieux métaux. Une passion d’une trentaine d’années qui est née dans la foulée de la reprise de l’exploitation à son beau-père. Ingénieur technicien, Patrick Jouret avait auparavant travaillé durant plusieurs années à la sucrerie de Warcoing. «Je n’ai jamais eu de bétail et les cultures m’ont permis d’avoir du temps pour bricoler», raconte-t-il, « le fait d’avoir été ingénieur m’a amené à devoir concevoir des machines, des pièces aussi. En allant dans des casses, j’ai toujours eu le cœur gros de voir des machines abandonnées, des machines qui avaient demandé tant de temps à être conçues. C’est ainsi que j’ai commencé à récupérer des vieilles machines agricoles» qui ont été démontées! Des pièces métalliques, des volants, des chaînes, des boulons, des billes de roulement… Patrick fait des animaux, des insectes, des personnages, des voitures, des locomotives… «Warcoing m’a permis de connaître le métal, je suis progressivement devenu maître de la matière, je la domine et ça me procure beaucoup de plaisir», dit-il. Autant que d’entendre les réactions des gens, des enfants surtout qui découvrent ses œuvres. Plus ou moins 500 personnes par année. Des gens qui lui rendent visite, qui s’arrêtent au détour d’une balade dans les Collines. Et qui sont toujours bien accueillies.

Dans son atelier, Patrick Jouret conserve précieusement son trésor. Il s’y réfugie chaque fois que les conditions climatiques ne lui permettent pas de travailler la terre. Cependant, sa dernière œuvre, un crocodile, est trop grande pour être hébergée à l’intérieur.«Je l’ai commencé il y a 6 mois, il se termine. Mais je ne sais pas encore où sera sa place». Pour la première fois, afin de dégager de l’espace pour son fils qui a repris les rênes de la ferme, Patrick va vendre certaines de ses pièces.

Des grandes, des petites. La plus «minuscule» de ses œuvres ne mesure d’ailleurs pas plus de trois centimètres: une fourmi évidemment! Alors que certaines de ses réalisations, faites de boulons, de bouts d’outils de jardinage, de bric et de broc présentent un surprenant double visage: celui plutôt dur du métal qui se transforme par projection de lumière sur un mur ou un tissu blanc en ombre souvent romantique…

N.E.

Vlan

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