La Petite Gazette

VLAN  mercredi 17 janvier 2018 Vlan

RENÉ HENRY |

Retrouvons nos transports exceptionnels d’il y a un siècle.

Monsieur Gérard, de Fontin, m’a fait découvrir «Le manuel du bon charretier» de Lucien Brasse-Brossard aux éditions La maison Rustique, 1945; où je lis ceci au sujet du triqueballe: «C’est une sorte de voiture à flèche servant au transport des grumes. Il se compose d’une limonière et d’un train de grandes roues (diamètre 1,50 à 2m.) réunies par un essieu qui supporte une courte poutre transversale en orme appelée mouton, sur laquelle prend une flèche longitudinale en frêne. La grume est cerclée d’une chaîne appelée cravate, placée au voisinage du centre de gravité. En renversant la flèche, on accroche les extrémités de la cravate sur une des faces du mouton. En ramenant la flèche en avant, la chaîne d’amarrage fait un quart de tour autour du mouton et celui-ci se trouvant alors au-dessus de l’essieu, la grume est soulevée suffisamment au-dessus du sol pour pouvoir être transportée sans traîner.

Pour pouvoir manier des grumes plus volumineuses, on emploie aussi des triqueballes à essieu coudé. Certains modèles possèdent un treuil vertical à vis carrée qui permet de soulever des grumes plus lourdes que ne le permettrait la manœuvre de la flèche. Enfin, ils sont parfois munis de freins, bien que le triqueballe soit surtout un véhicule de terrain plat puisque son bon fonctionnement est fonction de l’équilibre de la grume.»

Monsieur Raymond Gillet nous a fait parvenir ses réflexions, diverses illustrations (dont celle de cet impressionnant triqueballe) et le fruit de ses recherches sur ce passionnant sujet.

«Noter la branche située sur le dessus de l’arbre (entre les deux essieux) c’est la perche qui a servi à «tordre» la chaîne qui solidarise la «grume» à la longe du chariot, une deuxième chaîne est située juste avant l’essieu arrière. (Voir les éditions des 1er et 22/11/17.

Le chargement de cet arbre sur le chariot a peut-être été réalisé avec un trépied et un palan? Une fois l’arbre soulevé, le débardeur a fait reculer le chariot entre les branches du trépied deux ou trois fois, suivant la hauteur du trépied pour assurer un équilibre et un centrage de la charge.

Pour ce qui est de l’attelage «en ligne», le débardeur connaissant ses chevaux les a placés suivant leur âge, leur force et leur «docilité», mais également suivant le contexte d’accessibilité du lieu d’abattage de cet arbre.

L’attelage a certainement rejoint une scierie locale, comme il en existait dans certains villages. Il y en avait deux dans mon village d’Ardennes, dans les années cinquante (1950).Et pour le déchargement, les scieries étaient équipées de monorail avec palan. Certaines dont la scierie Jadot située à Anthisnes, possédait un monorail et au sol un système de rail Decauville avec wagonnet. Le tracé des rails ceinturait le dépôt de grumes. Après chargement d’une grume sur le wagonnet le scieur ou son aide faisait rentrer le wagonnet à l’intérieur du site de sciage comme me le précise Monsieur Jadot fils. L’arbre de la photographie de M. Jacobs n’est pas rentré directement dans la scierie, il a été amputé d’une partie principale importante, côté «souche» au moins 1,50m. me semble-t-il, voir plus si l’arbre était «malade».

Les bancs de sciage «anciens» acceptaient des grumes d’un diamètre maximal de 1,20 mètre, me précise Monsieur Jadot, peut-être 1,40 mètre après modification et réglage maximal.

Mais que n’a-t-on pas réalisé avec cet arbre s’il était sain? Il est peut-être resté deux jours voir plus dans la scierie à être débité en: doses pour le chauffage des chaumières du village, billes pour la S.N.C.V ou la S.N.C.B, chevrons de charpentes, poutres pour maisons, divers profils pour menuisiers et; oh mon dieu… des planches pour cercueil; mais également son écorce qui a été récupérée pour diverses applications d’époque.»

D’autres communications nous permettront d’encore compléter ce sujet prochainement. Merci de continuer à alimenter votre Petite Gazette en souvenirs, photographies et questions à soumettre aux lecteurs. Rendez-vous la semaine prochaine ou de suite sur www.lapetitegazette.net

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