Beloeil, la parenthèse de bonheur en temps de guerre

ARTICLES JOURNAL VLAN  lundi 2 mars 2020 Vlan

BELOEIL | Dans le cadre des actions menées dans les différents villages de l’entité de Beloeil pour commémorer le 75e anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale, les Bibliothèques communales de Beloeil reçoivent Bernard Tirtiaux, dont le dernier livre fait écho à une page du patrimoine local de Beloeil-village, le 13 mars.

Maître verrier, acteur de théâtre, chanteur et écrivain belge contemporain, Bernard Tirtiaux va voyager de Fleurus… à Beloeil l’espace d’une soirée. Ce bâtisseur évoquera son dernier livre «L’ombre portée». Quel lien unit Bernard Tirtiaux à Beloeil? «Le lien tient entre le livre et la réalité de Beloeil, c’est-à-dire entre les enfants juifs sauvés dans la région de Charleroi par la famille Tirtiaux et ceux sauvés au château de Beloeil par le prince et la princesse de Ligne», évoque Hélène Rustin, historienne et animatrice de la rencontre. «Je me suis intéressée à cette histoire car j’habitais la commune de Beloeil jusqu’en 2017. Ma famille en est originaire. L’histoire de la déportation des juifs m’a toujours intéressé dans mes études et ce sujet, méconnu dans la région, m’a permis de relier l’Histoire à l histoire locale.»

Avec un sujet de mémoire intitulé «Les enfants cachés au château de Beloeil pendant la Seconde guerre mondiale», il est évident qu’Hélène maîtrise le sujet. «Il y aurait eu une centaine d’enfants sauvés à Beloeil entre 1942 et 1945 au sein de l’organisation des Foyers Léopold III, foyers pour enfants débiles et nécessiteux, ouverts dès 1940 à l’initiative de la princesse Philippinne de Noailles, épouse du prince Eugène de Ligne. Parmi ces enfants, dès l’été 1942, ont été mélangés des enfants juifs arrivés via des réseaux clandestins. Ces enfants avaient entre 4 et 12 ans et suivaient le rythme imposé par les éducatrices et institutrices engagées parmi la noblesse belge mais aussi dans la région, à savoir école, activités dans le parc, organisées selon la vie des scouts comme des jeux, des spectacles, des feux de camps… Les enfants ont, en général, bien vécu leur passage à Beloeil car loin de la guerre. C’est surtout l’absence des parents, cachés ou déportés, et le retour à la vie quotidienne après la guerre qui ont été éprouvants pour ces enfants juifs. Beloeil reste gravé dans leur mémoire comme une parenthèse de bonheur en temps de guerre.»

L’occasion de se souvenir du rôle joué par Beloeil via un Bernard Tirtiaux riche de mots, de pierres, du cœur et mais aussi des actes.

Infos: 069/562686

Massimo Di Emidio

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