Notes sur la groumote

ARTICLES JOURNAL VLAN  mercredi 26 février 2020 Vlan

FOLKLORE | Au temps du carnaval, la tradition de la groumote reste vivace à Ster et à Francorchamps. Elle trouverait son origine dans les chasses aux nuisibles d’autrefois.

Selon le «Vocabulaire du dialecte de Stavelot» publié par Jean Haust en 1904, la groumote est une «farine cuite dans la graisse». Quelques années plus tôt, en 1895, le journal «Stavelot Attractions» rapportait que le très ancien usage nommé tchèssî l’vèheû (chasser le putois) terminait les festivités villageoises par une quête: «Un habitant était choisi pour jouer le rôle du porte-faix et le groupe de fêtards le promenait, porteur d’une hotte, dans toutes les maisons où l’on imposait de déposer dans la hotte des victuailles, surtout de la farine, du beurre, du lard et des œufs». Ensuite, la tournée finie, «la troupe joyeuse prépare ce qu’on appelle groumote et qui sert à la ripaille». Cette coutume est peut-être la parodie d’une autre quête, celle que faisaient les chasseurs de nuisibles. Quand ils avaient tué une fouine ou un putois, ils faisaient le tour du village en portant sur l’épaule le cadavre de l’animal. Pour les récompenser, les villageois leur offraient alors des produits de leur ferme. Ceci encore: en 1901, la revue «Wallonia» évoque la groumote que Ster-Francorchamps a si bien conservée. Le lundi du carnaval, accompagnés par des adultes nommés les maisses (les maîtres) du l’groumote, les enfants étaient chargés de la quête. Portant des vêtements ornés de fleurs de papier, ils chantaient devant chaque porte: «Donnez-nous un morceau de lard, des sous ou de la farine». Le lendemain mardi gras, c’était au tour de la jeunesse d’accompagner lu vèheû dans un tournée d’où ils ramenaient assez d’ingrédients pour faire une bombance à laquelle ils avaient invité les demoiselles rencontrées sur leur chemin.

Patrice Lefebvre

Vlan

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