Roland, l’égayeur de vitrines: «Je passe pour un extraterrestre!»

VLAN  mercredi 18 décembre 2019 Vlan

BRUXELLES | En cette période de fin d’année, de nombreuses vitrines commerçantes s’embellissent de dessins et messages souhaitant de bonnes fêtes aux chalands. Roland Strijckman fait partie de ces rares artistes qui usent encore de pinceaux et de peintures pour égayer et personnaliser chaque devanture.

Ancien lettreur, Roland Strijckman (60 ans) dirigeait une entreprise spécialisée dans les panneaux publicitaires personnalisés et peints à la main. Cela ne l’empêchait pas, chaque fin d’année, d’aller se divertir en allant peindre les vitres de restaurants, bistrots et autres établissements. «C’était tout une aventure à l’époque», se souvient-il. «A partir du 15 novembre, chaque matin, on partait à 2-3 lettreurs ensemble et on rentrait la nuit complètement scheilezat avec chacun 20.000 francs belges en poche. Quand on commençait une vitrine, des commerçants venaient aussitôt nous trouver. ‘Alleï ket, viens aussi faire des boules chez moi!’ C’était à la demande: des Père Noël, des bouteilles de champagne, des bougies, des boules, des sapins… Toujours quelque chose de classe, avec une certaine recherche.» Il garde des souvenirs impérissables de ses tournées dans le centre-ville et à la petite rue des Bouchers. «On passait du simple caberdouche au resto de luxe, mais aujourd’hui, c’est fini. Ce loisir et le métier du lettrage artistique sont tombés à l’eau avec l’ordinateur. L’adhésif a remplacé le travail manuel.»

«A la tête du client!»

Face à l’informatique, Roland devra se résoudre à changer de métier. Il s’est notamment reconverti dans l’Horeca en tenant un établissement dans le quartier de La Roue à Anderlecht, sa commune de cœur. Mais en période de fêtes, il reprend son pinceau de pèlerin pour faire les vitrines d’amis. C’est notamment le cas ‘Chez Getou’, un echte resto brusseleir situé à la frontière de notre capitale. «J’ai gardé le virus et je fais encore des vitrines à la demande. Cela me met entre 20 minutes et 1 heure. Cela dépend de l’exigence du client, de la longueur des vitrines et des conditions climatiques. La pluie, le vent et les emmerdeurs qui viennent me poser des milliers de questions sont mes pires ennemis. C’est vrai qu’avec mon pinceau, j’ai l’air d’un extraterrestre. Les gens n’ont plus l’habitude de voir quelqu’un qui dessine encore cela à la main.» Et pour le prix? «C’est à la tête du client!»

Roland qui aime peindre avec son petit chien juché sur son dos. «C’est un pinscher qui m’accompagne partout. Elle reste sur mes épaules depuis qu’elle est toute petite.»

L’attraction n’est pas forcément celle que l’on croit…

Julien SEMNINCKX

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