Il y a une vie après l’usine

VLAN  mardi 8 octobre 2019 Vlan

TUBIZE | Après «Le geste ordinaire», sorti en 2011, Maxime Coton place à nouveau son père, Marc, devant la caméra. Recréer du lien quand la fin est brutale, voilà l’objectif du film «Après l’usine», diffusé ce 14 octobre à Tubize.

«Le jour de l’Assemble générale, on est tous rentrés ouvriers dans l’usine. Quand on en est ressortis, nous étions chômeurs.» Quand la fin est si violente, il faut du temps. Du temps pour recréer du lien. Après avoir filmé son père sur son lieu de travail, Maxime Coton a voulu raconter l’histoire d’un individu qu’il connaît bien. «Ce film est une réflexion sur les événements», explique Maxime, le réalisateur. «Une introspection artistique. À partir d’un drame social, je ne voulais pas en faire un film dramatique. Au contraire, il y a de l’énergie, l’envie de continuer à pédaler, d’avancer. De nombreuses personnes vont se reconnaître dans le film ou identifier des personnes de leur entourage. Ma volonté est de changer le regard sur la réalité.»

Boël, Duferco, des noms qui résonnent pour une région, celle du Centre, qui se reconstruit. «Au-delà de l’histoire, des gens me surprennent par leurs retours positifs sur la région du Centre. C’était aussi l’une de mes préoccupations, à savoir de donner une image positive du Centre, de laisser une trace de ce riche patrimoine industriel.»

Une région qui ressemble à d’autres. Le Borinage, le bassin liégeois… et la région de Tubize, lieu de projection du film ce 14 octobre. «Les anciens ouvriers des Forges de Clabecq s’identifieront probablement. En fait, partout où des licenciements massifs ont eu lieu. Des images ont été tournées durant les mouvements sociaux, fin 2018, chez NMLK. L’usine est un lieu de vie, de partage. Lorsqu’elle ferme brusquement, il ne reste rien. Pourtant, il est possible de recréer du lien. Le film a l’intention de le prouver.»

Le tout avec un acteur vrai, sans aucun artifice, authentique. «Par rapport au premier film, j’ai voulu impliquer davantage mon père. Par exemple, pour tous les travellings à vélo, c’est lui qui tient la caméra. Nous avons pu passer du temps ensemble, réfléchir, comprendre. Il y a un homme derrière le père.»

Massimo Di Emidio

Une projection à ne pas manquer! Infos: 02/3559895.

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