Fils et filles de…: la tendance s’amplifie en politique

VLAN  mardi 21 mai 2019 Vlan

POLITIQUE | Mathot, Daerden, De Croo, Ducarme, Tobback, Lutgen, Michel, Maingain, Moureaux, Onkelinx, Clerfayt, Payfa… Les exemples sont légions, en politique, de rejetons qui vont sur les traces, l’ornière tracée par leur père et plus rarement leur mère…

Durant des siècles, le métier de notaire se transmettait généralement de père en fils, de parent à enfant. Mais en Belgique, le législateur a définitivement mis un terme à cette pratique en janvier 2000. Le politique estimait ce procédé injuste. C’est donc à cet effet qu’il a imposé l’organisation de concours annuels d’aptitude à exercer ce métier et devenir d’abord candidat-notaire. Mais si le politique aime à faire la morale aux autres, balaie-t-il aussi bien le trottoir devant sa porte? Que nenni, évidemment! Jamais le népotisme n’a atteint un tel niveau dans la sphère politique belge et bruxelloise. Et cela commence de plus en plus jeune. Mais peut-être que le talent n’attend pas les années.

Cumps Cumps Clan

Commençons par les candidats aux prochaines élections. Au PS, il y a bien sûr le jeune et déjà député bruxellois Julien Uyttendaele (27 ans), fils du compagnon de Laurette de Lasne. Pour ses élections, il est maintenant 10e candidat à la Région. A la Chambre, Caroline Désir occupe la 2e place. Une position de rêve où la petite-fille de Georges Désir (DéFi) devrait épuiser le pot commun des autres candidats. A la 14e place, on retrouve Mathieu Vervoort. Le fils de Rudi, ministre-président bruxellois, travaille d’ailleurs au cabinet de Fadila Laanan (après avoir travaillé au cabinet Madrane). Toujours au PS, Isabelle Emery occupe la 8e place aux régionales. Elle est la compagne de l’échevin anderlechtois Fabrice Cumps (à qui Eric Tomas devrait laisser son mandat de bourgmestre en cours de mandature). Pour la petite histoire, le père de Fabrice Cumps a été échevin (mais aussi président de Cpas) d’Anderlecht tout comme sa grand-mère (toujours à Anderlecht, sous la bannière PS). Cela vaut d’ailleurs, à cette belle famille, le joli surnom de ‘Cumps Cumps Clan’ (l’imagination des fonctionnaires communaux est parfois redoutable).

La jeune génération du MR

Au MR, on retrouve Lucas Ducarme à une 15e place de combat à la Région où il se montre désormais plus actif qu’aux communales à Koekelberg où le poste de dauphin naturel du bourgmestre Philippe Pivin (fils de Jacques) s’est envolé avec le changement surprise de majorité. A la 18e place figure Louis De Clippele, fils du notaire Olivier De Clippele (qui a changé à de nombreuses reprises de parti) qui figure, lui, 4e à la Chambre. Jacques de Jonghe d’Ardoye d’Erp (70e) prochaine tête de liste aux communales sur Ixelles où son père Yves a notamment été bourgmestre. Des élections communales où le fils de l’ancienne bourgmestre Corinne De Permentier était tête de liste sur Forest (et aurait dû y être échevin sans le revirement Ecolo). Pour ses élections, il a judicieusement préféré se consacrer à ses études universitaires.

«Merci Tantine!»

Au cdH, à Bruxelles, il y a bien sûr Julien Milquet, le neveu de Joëlle. Nouvel échevin anderlechtois, il a succédé à sa compagne Sofia Bennani dans cette fonction scabinale (encore une histoire de couple et de famille à Anderlecht). Il a fait ses classes au cabinet régional de Céline Frémault. On le retrouve à la 8e place aux régionales tandis que Sofia Bannani est 2e suppléante au Fédéral. A la 6e place, il y a Marie Nyssens, dont la mère était sénatrice PSC. Plus particulier, le bourgmestre de Ganshoren Pierre Kompany, 2e candidat à la Région, est le père du Diable Rouge Vincent Kompany.

Culturel chez DéFi

Chez DéFi, il y a d’abord Fabian Maingain. 9e et dernier suppléant au Parlement fédéral, le fils du bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert n’a pas à s’inquiéter puisqu’il est récemment devenu échevin à la Ville de Bruxelles. Pour rappel, la loi interdit que père, mère, époux, enfant puissent siéger ensemble comme bourgmestre, échevin et même conseillers communaux dans une même commune (mais pas au Parlement où Paul-Henry Spaak siégeait avec sa mère et Armand De Decker avec sa femme Jacqueline Rousseau). Rappelons aussi que Bernard Clerfayt, tête de liste DéFi aux régionales, est lui-même le fils de Georges Clerfayt, ancien président du FDF et échevin à Rhode-Saint-Genèse. On notera encore sur la liste DéFi, la présence de Jonathan de Patoul (24e à la Région), fils de l’ancien échevin et actuel député Serge de Patoul, dont la sœur/fille Adélaïde est aussi conseillère communale à Woluwe-Saint-Lambert. Présence plus sympathique, celle d’Ariane de Lobkowicz d’Ursel (48e et dernière de la colonne centrale à la Région), fille de l’ancien échevin d’Uccle et qui souhaite poursuivre l’œuvre de sa maman, député régionale, inopinément décédée au cours de cette législature. Spaak, Payfa ou encore Persoons sont d’autres exemples au féminin qui montrent que DéFi n’a pas à donner de leçon dans ce domaine.

Même chez Ecolo

Ecolo n’échappe pas à la règle. Elise Willame, la fille d’Isabelle Durant, est devenue échevine à Auderghem à l’issue des dernières élections communales. A Anderlecht, c’est Jérémy Drouart (fils d’André) qui est devenu échevin. Pour les élections régionales à venir, on remarquera la 5e place de Tristan Roberti qui s’est fait jeter de son poste d’échevin à Watermael-Boitsfort (où Ecolo a pourtant consolidé son maïorat). Une belle place pour celui qui est aussi le frère de Stéphane Roberti devenu, lui, bourgmestre de Forest.

Quant aux autres partis francophones, ils n’ont pas encore goûté au pouvoir ou existent depuis trop peu de temps que pour déjà avoir des fils ou filles de…

Mais attention, ce n’est pas parce qu’on est le fils ou la fille de… qu’on n’est pas brillant. Mais bon, en Belgique, il y a de plus en plus cette tendance à ce que l’exception devienne la règle. Quels sont les chefs de file des différentes formations politiques au nord et au sud du pays?

Julien SEMNINCKX

Vlan

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