Il était une fois, le vintage

DOORS MAGAZINE  lundi 2 décembre 2013 R.

S’habiller en friperie a longtemps été, l’apanage des étudiants, des artistes ou des fauchés par définition. Cherchant à se vêtir à budget réduit ou en quête d’originalité. Mais fin des années 90, en pleine ère de l’uniforme minimaliste, s’habiller vintage est passé de la singularisation à la revendication, pour finir comme la grande tendance du moment.

Une tendance tant dans le domaine de l’habillement que dans la décoration et l’ameublement. Alors que nous trouvons dans toutes les villes du monde, des Zara, H&M ou IKEA, choisir la voie du Vintage est peut-être plus que celle de la nostalgie, celle d’une envie d’échapper à l’uniformisation des goûts. Et aussi d’aller vers des vêtements, accessoires, objets, meubles de qualité, avec des finitions désormais difficiles à trouver à des prix plus abordables. Acheter Vintage, c’est forcément choisir un autre mode de consommation, celui de la récupération.

 

Il y a tout d’abord, beaucoup de sortes de vintage. Celui des friperies, acheté et vendu au kilo, à l’odeur reconnaissable et pas toujours très attirante. Et pourtant, au beau milieu des bacs des Petits Riens, sous un tas de vêtements à même le sol du marché aux puces, Place du Jeu de Balle, à Bruxelles, on trouve des trésors.  Les boutiques vintages opèrent une sélection plus stricte. Selon la signature, les époques, les matières, les finitions. Avec des exigences différentes et un regard indéniablement plus connaisseur sur l’histoire de la mode. Parce que la mode est un cycle. C’est la façon d’assembler la silhouette qui correspond ou non à une mode plus que la pièce elle-même.

 

Seconde main, vintage…. la frontière entre les 2 est assez mince. Dans l’absolu, en mode, la collection de l’an passé peut être déjà considérée comme vintage, être porteuse d’intemporalité. Aussi, s’il n’est pas rare de trouver des pièces de marques datant d’un peu plus d’une saison dans un magasin de seconde main, il n’est pas exceptionnel non plus, de trouver des pièces d’à peine une saison, dans une boutique vintage. D’une façon générale, le magasin seconde main s’évertue à coller le plus possible à l’air du temps, à rester dans l’actualité là où, la boutique vintage cherchera à réinterpréter, dans un souci de singularité. Mais dans les 2 circuits, c’est sur les vêtements très chers, que nous ferons les meilleures affaires. Si le prix est forcément fixé selon la rareté, la marque, la qualité, la taille…il y a des limites qu’aucun des 2 ne peuvent se permettre de dépasser, faute d’acquéreur. Ce qui est intéressant dans le magasin seconde main, c’est que certaines marques – Isabel Marant, par exemple – ont des pièces qu’on retrouvera de saison en saison, avec à peine quelques variations, de couleurs, de matières…

 

Le vintage n’est pas non plus à la portée de toutes les morphologies. Le corps des femmes s’est modifié au fil des décennies. Plus grandes aujourd’hui, la taille moins fine et la poitrine moins opulente. Raison de plus pour exploiter chaque point fort de chaque époque, selon sa propre ligne.

 

Parce que, malheureusement à coup de blogs « streetstyle », de magazines… le vintage est devenu trop à la mode. Victime de son succès, de notre envie d’unicité. Des chaînes de mass-market comme topshop ou Urban outfitters vendent désormais elles-aussi leurs lots de vêtements vintage. Epuisant du stock et banalisant le genre. 

 

Soit. Certaines pièces – les plus luxueuses – ne risquent pas de sombrer dans cette banalité. Les Kelly ou Birkin d’Hermès, ses carrés, quoique ce soit issu de chez Chanel, les pièces 60’s de Courrèges… Le tout, c’est d’avoir l’œil grand ouvert et partir à l’aventure sans a priori. Se laisser surprendre par ses trouvailles…

 

Boutiques Vintage :

 

Idiz Bogam 

Ramon et Valy

Isabelle Bajart 

La Pharmacie

N’importe quoi

 

Magasins de seconde main :

 

Rosier 41 

Label Inc 

Het Archief

La Gerabotte

R.

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